Pomerleau

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Les bureaux de la région de Québec de Pomerleau

Une réalisation d’une grande transparence qui fait la part belle au confort des occupants : l’édifice de bureaux de Pomerleau à Lévis.

Emplacement:  Québec, QC

Date:  2016

Propriétaire et entrepreneur général:  Pomerleau

Architectes:  Lemay

Manufacturiers vedettes : Absolux, Luceplan, Flos, Lightheaded, Solavanti, Zaneen

© Photos : Jonathan Robert


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Sans arborer de sceau environnemental, il s’agit bel et bien d’un bâtiment logeant à l’adresse du développement durable. Fruit de l’intégration d’une batterie de stratégies écologiques et éconergétiques, il affiche de surcroît une signature architecturale hautement distinctive qui lui a notamment valu le Prix d’excellence 2017 de l’Ordre des architectes du Québec dans la catégorie Bâtiments administratifs.

Cet édifice hors de l’ordinaire, parce qu’il s’agit bien de cela, c’est celui qui abrite les bureaux de la région de Québec de Pomerleau, à Lévis. Il réunit aujourd’hui en un même lieu les effectifs – quelque 160 personnes au total – de ses divisions Bâtiment Québec, Grands travaux et Borea Construction (le plus grand installateur d’éoliennes au Canada) ainsi que les dessinateurs d’Ébénisterie Beaubois; autant de ressources qui étaient auparavant dispersées en différents endroits sur les rives nord et sud du Saint-Laurent.

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Couvrant 3 230 mètres carrés, répartis en majeure partie (80 %) sur deux planchers, l’immeuble réunit des locaux pour bureaux, des salles de conférence et de réunion, des salles réservées à l’usage des estimateurs, une cafétéria et un noyau de services à chaque étage.

L’endroit retenu pour implanter ce bâtiment, à partir de l’été 2015 : un terrain propriété de Pomerleau jouxtant les installations (entrepôts et garages) de la division Grands travaux de ce leader de la construction au Québec. Un site bien en vue en bordure nord de l’autoroute Jean-Lesage (A20), mais qui n’était toutefois pas sans poser de contraintes aux concepteurs du projet.

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« Le défi était de concevoir un tel projet entre une cour de service accueillant de la machinerie de construction et un tronçon autoroutier fortement achalandé, à la porte de Québec, avec tout le bruit et toute la poussière que tout cela suppose. D’autant plus que le design du futur bâtiment devait nécessairement s’inscrire dans une perspective durable, en plus de favoriser le bien-être des occupants », relate l’architecte Eric Pelletier, associé chez Lemay.

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Optimisation du confort

 Martin Coulombe, vice-président, Construction – Québec chez Pomerleau, acquiesce d’emblée : « Il était établi dès le départ que nos nouveaux bureaux régionaux devaient offrir un environnement de travail sain et confortable, en plus d’être exemplaires sur le plan de la durabilité. Il a donc fallu faire montre d’une grande créativité pour tirer le meilleur parti du site. »

Cette créativité s’est transposée à travers le design d’un bâtiment s’articulant autour de trois ailes distinctes. Et qui se retire et se replie sur lui-même pour créer des zones protégées du bruit et de la pollution en provenance de l’autoroute, tout comme de l’activité industrielle adjacente.

« Nous avons orienté le bâtiment de manière à optimiser l’apport de luminosité naturelle à l’intérieur des espaces, indique Eric Pelletier, tout en établissant un lien visuel avec un boisé existant qui a été conservé à la limite du terrain voisin. Le paysage est donc devenu un élément englobant du bâtiment et contribue à la création d’un milieu de travail d’une grande transparence à la fois agréable et stimulant. »

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Transparence durable

Transparence : voilà, le mot clé est lâché. Car cette ouverture sur l’extérieur a guidé l’application de stratégies conceptuelles qui, s’imbriquant les unes dans les autres, concourent à la performance du bâtiment. À commencer par le plan de l’aménagement, alors que si quelques bureaux fermés ont été localisés au noyau, les postes de travail à aire ouverte ont été disposés en périphérie pour que leurs occupants puissent bénéficier au maximum de la luminosité naturelle et des vues cadrées sur le boisé.

Les lieux ont également été conçus pour favoriser la collaboration alors que les aires communes ont été judicieusement positionnées sur les deux niveaux de l’édifice. De petits espaces ont été créés pour encourager les échanges d’idées et les rencontres informelles, des salles de réunion entièrement vitrées ont été aménagées pour favoriser le travail d’équipe, tandis que des aires de pause-café ont été pensées de façon à ce qu’elles se transforment en lieux de rencontres improvisés permettant une sociabilisation impromptue entre collègues.

Savoir-faire en vitrine

 La transparence du bâtiment, combinée à sa localisation en bordure d’autoroute, a aussi permis de mettre en vitrine le savoir-faire de Pomerleau. « Le soir venu, les passants peuvent voir à l’intérieur, indique Eric Pelletier. Nous en avons donc profité pour valoriser la qualité constructive des installations et, du coup, rappeler le rôle de bâtisseur de l’entreprise. »

C’est ainsi que la structure hybride du bâtiment – poutres et poteaux principaux en acier et poutres secondaires en bois lamellé-collé – a notamment été laissée apparente. Tout comme ce fut le cas pour le platelage de la toiture en bois lamellé-croisé, les équipements installés au plafond de chaque étage et la dalle de plancher en béton poli.

C’est sans compter qu’un toit vert a été aménagé au-dessus de l’aile logeant la cafétéria. « Comme cette aile était un peu plus basse que les deux autres et qu’elle donnait sur l’autoroute, note Eric Pelletier, nous y avons vu une belle occasion de la mettre en valeur en la végétalisant plutôt que d’offrir une vue sur une membrane. »

L’architecte associé chez Lemay souligne également que la réduction de finis architecturaux contribue elle aussi à réduire l’empreinte environnementale du bâtiment, dont l’habillage extérieur est constitué d’un parement d’acier et un déclin de bois installé à la verticale. L’utilisation de matériaux bruts (bois de pin, béton poli et plaques d’acier brut), jumelée à la conception épurée de certains détails, a en outre permis de conférer à l’immeuble un caractère industriel pour l’intégrer harmonieusement dans son environnement.

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Transfert d’énergie

En jouant la carte de la transparence, les concepteurs devaient par ailleurs composer avec un surplus de gains solaires à certains moments. Au lieu de combattre cette énergie passive en l’évacuant à l’extérieur, il a plutôt été décidé de l’utiliser en d’autres endroits dans le bâtiment.

Benoit Larivière, président de Méconair, explique : « Il y a beaucoup de fenestration au sud-est et à l’ouest, mais un peu moins du côté nord-ouest. Notre stratégie a donc consisté à récupérer la chaleur là où on avait des gains importants, puis à la déplacer vers les zones intérieures et au périmètre des zones extérieures non ensoleillées avec des thermopompes.

« Nous avons choisi de chauffer et de climatiser les espaces, poursuit-il, au moyen de systèmes aérothermiques à débit de réfrigérant variable de type récupération d’énergie. C’est une technologie que l’on voit de plus en plus souvent aujourd’hui, mais dont l’utilisation n’était pas courante au moment de la conception du projet. Elle se révèle très efficace tant sur le plan de l’optimisation du confort des occupants que sur celui de l’économie d’énergie. »

L’expert en mécanique souligne que la fenestration abondante du bâtiment s’accompagnait d’un autre défi. « Les ouvertures allant du plancher jusqu’au plafond posaient un enjeu pour le confort des personnes se trouvant tout juste à côté. Comme le chauffage et la climatisation se font par le plafond, nous avons installé des plinthes électriques sur le bord des fenêtres. Au besoin, on peut leur faire pulser de l’air chaud pour créer un petit rideau de chaleur devant le vitrage. »

Stratégies concourantes

Soulignons que plusieurs stratégies contribuent à l’efficacité énergétique du bâtiment. Comme la récupération de la chaleur sur l’air vicié évacué au moyen d’une roue thermique, l’utilisation de luminaires aux DEL, le contrôle de l’éclairage par détection de présence dans les bureaux ou l’utilisation de stores motorisés pour contrôler l’ensoleillement en même temps que l’éblouissement, pour ne citer que ces exemples.

La gestion efficace de l’eau n’est pas en reste avec le recours à des appareils de plomberie à faible débit, un aménagement paysager sans irrigation et la rétention de l’eau de pluie au toit.

« C’est un immeuble de qualité qui aura une belle pérennité, qui offre un niveau de confort élevé aux occupants et dont le rendement de l’investissement “fait pleinement du sens”. C’est une belle équation au final », conclut Martin Coulombe.



article original par Rénald Fortie publié pour VoirVert.ca

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